''Le boss est mort'' : une pièce, un auteur, un comédien 0
Jeunes ou moins jeunes, si vous avez raté l occasion de voir ''Le boss est mort'' d Yvon Deschamps, mettant en vedette Benoit Brière, dans une mise-en-scène de Dominic Champagne, rattrapez-vous aussitôt que possible.
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Yvon Deschamps, Michel Crête, Dominic Champagne et Benoit Brière. Dans le domaine du théâtre québécois, on pourra désormais parler d'une équipe du tonnerre. ''Le boss est mort'' vient de terminer sa tournée régionale et la production peut dire mission accomplie.
''Le boss est mort'' est tiré des textes des monologues d'Yvon Deschamps, mettant en vedette Le gars de la shop. Bien que cette personnification du Québécois moyen, un peu naïf, à la limite niais, tire ses origines dans les années '60 et '70, le fondement même du message passé par Deschamps est toujours d'actualité. Le Québécois né pour un petit pain, se satisfaisant de peu puisqu'il ne peut espérer mieux, eh bien !, on le croise encore régulièrement de nos jours.
L'intensité de la pièce en aura décontenancé plusieurs. On ne rit pas aux larmes tout au long des deux heures et quelques que dure la pièce : on réfléchit beaucoup, on sourit, on s'esclaffe et on jette un regard introspectif sur notre tendance viscérale à nous laisser piler sur les pieds.
Benoit Brière, criant de vérité
Benoit Brière a su éviter de tomber dans le piège de l'imitation. Bien que l'on reconnaisse les mots de Deschamps, il ne laisse pas l'impression de tenter d'incarner Le gars de la shop comme l'auteur l'a créé.
Capable de susciter le rire autant que la réflexion, le comédien réussi à soutenir à lui seul le rythme de ces monologues tricotés entre eux pour en faire une pièce complète. Une performance hallucinante, puisqu'accomplie avec très peu d'artifices : musique et effets sonores utilisés avec parcimonie, éclairages diffus pour recréer la luminosité d'une ruelle montréalaise en pleine soirée, très peu d'accessoires et un décor minimaliste (une simple shed à l'intérieur de laquelle se trouve l'escalier menant à l'arrière du bloc appartement où habite l'unique personnage de la pièce).
Succès régional
Acclamée par la critique partout au Québec, la pièce aura su attirer les foules en Abitibi-Témiscamingue. À commencer par un passage au Théâtre Du Rift de Ville-Marie, duquel Benoit Brière est d'ailleurs tombé sous le charme. ''Le boss est mort'' ayant été créé à l'origine pour le Théâtre de Quat'sous, qui accueille 160 spectateurs, une salle comme celle du Rift, avec ses 300 places, convenait tout à fait à la présentation de cette pièce.
De l'aveu même du comédien, la pièce a connu un succès appréciable tout au long de son passage régional. Sans afficher complet à chaque arrêt, ''Le boss est mort'' aura réussi à attirer des foules respectables partout, de Ville-Marie à Amos, en passant par Rouyn-Noranda et La Sarre. Lors de la dernière représentation, le Théâtre Télébec affichait pratiquement complet, alors qu'une cinquantaine de sièges seulement n'avaient pas trouvé preneur, sur un total de 731.