«Vous n'êtes pas en sécurité», David Drapeau, ambulancier 0
Les ambulanciers ont manifesté lors de la visite du ministre Yves Bolduc à Rouyn-Noranda le 19 mars dernier Ils dénonçaient les horaires de factions. Photo Thierry de Noncourt
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Les ambulanciers dénoncent depuis longtemps les problèmes liés aux horaires de travail. Ils ne permettent pas de répondre aux appels d'urgences dans des délais raisonnables. David Drapeau lance un cri du cœur. Dans une longue litanie publiée sur Facebook, celui qui sera un jour peut-être appelé à sauver votre vie ou celle d'un proche dénonce la situation du service ambulancier de la région.
«Je m'appelle David et je suis technicien ambulancier. Il est 1h du matin et je ne m'endors pas. Je rédige ce texte pour expliquer la réalité du service ambulancier abitibien», lance d'entrée de jeu David Drapeau.
Il déplore le manque de véhicules ambulanciers en Abitibi-Témiscamingue et les horaires de faction.
Ces horaires ne permettent pas de secourir les gens assez rapidement selon lui. On doit trop souvent attendre plus de dix minutes pour que l'ambulance arrive sur les lieux d'une urgence.
«Vous avez déjà un pied dans la tombe», David Drapeau
«Une ambulance, quand on en a besoin, on fait le 911. On s'attend de l'équipe de paramédics qui nous est affectée nous sauve la vie. Hélas! Avant même de faire le 911, gens de l'Abitibi-Témiscamingue, vous avez déjà un pied dans la tombe», dénonce-t-il.
Comme il le mentionne, sur une flotte d'environ 23 véhicules, seulement trois sont en permanence prêts à se mettre en route.
Les ambulanciers dénoncent depuis longtemps cet état de fait.
Afin de garder la population consciente, elle aussi, ils font retentir leurs sirènes, tous les lundis matins à 10h.
M. Drapeau avertit : «Tant que vous entendrez retentir le son des sirènes de façon continuelle le lundi matin, vous saurez que vous n'êtes pas en sécurité.»
Horaire à l'heure et de faction
Il existe deux types d'horaire, à l'heure et de faction.
«À l'heure signifie que les paramédics sont constamment avec le véhicule, prêts à partir. Le temps entre l'appel et la mise en route est généralement inférieur à 2 minutes», explique l'ambulancier.
Il y a trois de ces véhicules actifs en région. Les 20 autres ont des horaires de faction «signifiant que le véhicule est stationné et que les paramédics sont dans un rayon maximal de 5 minutes de route de la caserne. Ils sont en service 24 heures sur 24, 7 jours de suite, suivis de 7 jours de congé», écrit-il.
Il donne l'exemple d'un ambulancier, endormi chez-lui et qui reçoit un appel d'urgence. Dans certains cas le temps avant le départ de l'ambulance peut dépasser les 20 minutes, une éternité lorsque chaque secondes comptent.
«Un temps réponse lamentable, pitoyable, inacceptable» se révolte David Drapeau.
Dans le cas d'une crise cardiaque, les chances de survie diminuent de 10% à chaque minute passée sans aide. Dans des situations telles que dénoncées par M. Drapeau, il est évident que plusieurs personnes ne sont pas en sécurité en Abitibi-Témiscamingue.