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Rachel St-Louis, une romancière passionnée de la Côte-Nord 0

Christine Gilliet
Rachel St-Louis écrit  par crise  dans son salon. Elle publie à compte d'auteur, un choix pour conserver sa liberté. Ses lecteurs sont nombreux et fidèles, dans la région, au Québec et au Canada.

Rachel St-Louis écrit par crise dans son salon. Elle publie à compte d'auteur, un choix pour conserver sa liberté. Ses lecteurs sont nombreux et fidèles, dans la région, au Québec et au Canada.

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Elle a écrit et publié trois romans et un recueil de contes en cinq ans. Cette dame retraitée de Forestville, s'inspire de ses souvenirs et des histoires des villages de la Côte-Nord. Elle y ajoute de la fiction et la rigueur de la langue. Pour des personnages et des paysages forts, hauts en couleur.

L'écriture pour Rachel St-Louis? «C'est un besoin. Je m'assois avec mon ordinateur portable sur les genoux, les écouteurs sur les oreilles, Brahms et Chopin entre autres. J'ai des crises! Trois mois à écrire, trois mois sans rien». Pour le premier roman, «j'y ai mis beaucoup de temps et d'incertitude». On ne dit pas « merci » quand on aime (2003) raconte une histoire d'amour entre un homme et une jeune fille. «Quand on écrit, on n'invente rien. C'est un puzzle qu'on assemble».

Papinachois et l'arbre à cinq branches/i> (2004), c'est l'histoire d'une jeune femme dans ce village innu situé sur le territoire de Betsiamites, «des amours déçus et de la solitude qui nous amènent à faire des folies, des bêtises». Dans son récit Un cargo pour l'enfer/i> (2006), Rachel St-Louis se plonge dans le passé des années 1950, une histoire trouble et sombre de deux sœurs disparues sur le quai de Baie-Comeau. Ces trois ouvrages ont paru aux éditions Les écrits d'or. À la suite d'un travail d'animation à l'école, elle publie Souvenirs « Flanellette » (Ed. Melonic), un recueil de contes.

Une vie à écrire

Pour cette originaire de la région de Matane, son goût et son besoin d'écrire datent de l'enfance. À dix ans, elle raconte déjà les aventures de son village. À douze ans, elle rentre au couvent, «une volonté de mes parents, pour une bonne instruction. J'observais, je critiquais. Un exutoire à ce que j'y vivais, pas toujours drôle». Puis, elle correspond avec une Tahitienne et deux soldats français en guerre en Asie.

Avec 19 ans de scolarité, dont sept en français, et un baccalauréat en enseignement, elle travaille pendant huit ans comme professeur en hygiène alimentaire et cuisine de base. Puis, 17 ans de cours de secrétariat. Elle a continué à écrire pendant ses heures de surveillance, beaucoup de nouvelles. Mais, «j'ai tout jeté ensuite, car j'avais l'impression d'avoir volé ce temps-là à mon employeur!»

Ouverte sur le monde

Mère de trois enfants, Rachel St-Louis a voyagé en Europe, aux Antilles, aux Bahamas. Ancienne conseillère municipale, elle est aujourd'hui présidente de la Société d'histoire de Forestville. Elle a pour autres talents et passions la peinture et le piano. L'écouter faire le récit de sa propre existence révèle une exigence pour la vie, une curiosité et un dévouement indéniables pour les autres.

Son cinquième livre est en voie de publication. «Un roman pas rose, la misère du monde», dit-elle avec humour. Ces dames du rang d'en haut, une histoire de femmes qui cherchent le bonheur, mais qui souffrent de viol, d'inceste et de maladie. Mais ses livres évoquent aussi tous l'espoir. Et d'elle-même, elle dit: «J'attends toujours quelque chose de plus du lendemain». ( rachelstlouis.netfirms.com )