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Noël à la mode d'Haïti 0

France Quirion
Quelques membres de la famille Jean-Gilles sont à nouveau réunis. Ils sont photographiés tous les trois à la résidence de Monique et de son mari Robert Veilleux à Saint-Georges ouest. On voit ici Smith Jean-Gilles, sa femme Aurore et sa sœur Monique.

Quelques membres de la famille Jean-Gilles sont à nouveau réunis. Ils sont photographiés tous les trois à la résidence de Monique et de son mari Robert Veilleux à Saint-Georges ouest. On voit ici Smith Jean-Gilles, sa femme Aurore et sa sœur Monique.

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Monique, Smith et Aurore, qui sont de Saint-Georges maintenant, nous partagent les traditions de Noël à la mode de chez eux. En Haïti, tout est centré sur la célébration de la messe de minuit qui dure de trois à quatre heures. Des chants chrétiens seront chantés et on proclamera ensuite à l'unisson : Vive Noël!

Là-bas, la richesse est dans les liens qu'on tisse et une fête aussi spéciale et essentielle que l'est Noël, sert à les renforcer. Les Haïtiens vivent ce moment avec une intensité incomparable puisque 80% d'entre eux sont croyants et Noël haïtien

À Cap-Haïtien, d'où sont originaires Monique et Smith, ainsi que partout ailleurs en Haïti, des chants de Noël sont diffusés en créole et en français sur les ondes de la radio à longueur de journée dès le 3 novembre, soit au lendemain de la Toussaint. On fait des concours de chants populaires à la télévision. On nettoie la maison de fond en comble, à l'extérieur comme à l'intérieur. Les membres de la famille qui sont éloignés pour le travail rentreront dans leur province pour fêter Noël avec leur famille rapprochée et leurs amis.

À Cap-Haïtien, on ne s'offrait pas de cadeaux, mais à Port-au-Prince, avant le séisme, le Père Noël en distribuait. Partout, on s'échange des cartes de vœux entre parents et amis et les écoles en donnent aussi. Dans la capitale, on décorait les maisons avec des guirlandes et des sapins de Noël artificiels et aussi des boules de Noël, parfois des lumières extérieures. Les crèches sont tout à l'honneur. Lorsqu'on en a les moyens, on achètera de nouveaux vêtements pour la messe de minuit.

Le 24 décembre

Le 24 décembre, personne ne dort en Haïti, pas même les enfants. Les gens se rendent à l'église où un immense feu de camp est allumé pour les y accueillir. Des scouts animent la soirée et le bruit des tam-tams, des tambours, des batteries et des cymbales résonnent partout aux alentours. «C'est assez vivant, c'est animé et ça danse», nous confie Monique les yeux brillants du souvenir de ces beaux moments. Aurore ajoute : «Dans les églises protestantes, le symbole fort est la naissance de Jésus. Le message d'espoir que le Sauveur apporte sur la terre résonne profondément dans cette vie de misère. Même si on est un pays pauvre, la fête de Noël est très belle et très importante».

Le réveillon se poursuit dehors à écouter de la musique de Noël, à se taquiner, à danser, à manger et à boire ensemble. Les enfants sont heureux.

Un conte de fées

Monique Jean-Gilles, qui vit à Saint-Georges depuis 22 ans maintenant, a une histoire des plus surprenante à raconter, «un vrai conte de fées», comme elle le dit elle-même. Elle a épousé Robert Veilleux, ce qui a complètement changé le cours de sa vie, et change maintenant celle de son frère Smith et de sa femme Aurore.

Ces derniers sont arrivée en Beauce avec leurs quatre enfants le 20 juin dernier, et ils désirent remercier les Beaucerons pour leur aide et leur gentillesse. Monique ajoute immédiatement : «Vous ne pouvez pas savoir comment je suis heureuse. Il n'y a pas un Noël que je n'ai pas pleuré. Cette année, je vais être près des membres de ma famille pour fêter Noël».