Manque de place en hébergement pour les victimes de violence conjugale 0
Christian Cantin du Service de police de Lévis et la coordonnatrice de la Jonction pour Elle, Sylvie Bernatchez, travaillent de concert pour contrer la violence conjugale.
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Chaque année, 200 à 300 cas de violence conjugale sont rapportés à Lévis. Chaque année aussi, depuis cinq ans, ont doit refuser l'hébergement d'urgence à une centaine de femmes en difficulté, faute de place, localement. Celles-ci doivent être relocalisées en région, avec leurs enfants dans certains cas.
«Et c'est sans compter les 1834 consultations téléphoniques et les 727 services rendus en personne à nos différents points de service pour l'année financière 2010-2011», s'exclame Sylvie Bernatchez, coordonnatrice de l'organisme.
«Il faut bien comprendre que l'hébergement, c'est le dernier recours. Elles viennent ici pour leur sécurité. Lorsque nos 12 lits sont pleins, nous les référons aux autres maisons de Chaudière-Appalaches ou celles de Québec. On ne laisse aucune femme mal prise», explique-t-elle.
De son côté, le Service de Police de Lévis (SPVL) dénombre 299 plaintes officielles en 2010 et 227 pour l'année 2011, incluant hommes, femmes et plaintes croisées. «Il faut savoir qu'une victime attende trop souvent d'avoir vécu en moyenne une trentaine d'événements de violence avant de porter sa première plainte officielle», explique au Journal Christian Cantin, relationniste au SPVL, lors d'un entretien avec le Journal.
De là, selon lui, l'importance du travail des policiers lors des interventions sur des cas de violence conjugale. «Même si ça fait 10 fois qu'on va à cet endroit, l'intervention policière doit être faite de façon respectueuse et professionnelle, sinon on perd la victime», renchérit-il.
Un protocole bonifié
Depuis une dizaine d'années, un protocole d'intervention en matière de violence conjugale existe sur le territoire de Lévis, Bellechasse et Lotbinière. Ce n'est toutefois que depuis deux ans que les différents corps policiers font directement affaire avec Jonction pour Elle plutôt qu'uniquement avec le CLSC.
C'est entre autre une question de crédibilité qui a motivé ce choix. «Comme les personnes qui travaillent ici sont des expertes en violence conjugale, elles savent comment bien intervenir auprès des victimes en posant les bonnes questions. En plus, l'organisme est ouvert 24/24, 7 jours sur 7, contrairement au CLSC qui ferme ses portes les fins de semaine», explique M. Cantin.
Une autre modification apportée au protocole concerne le délai d'intervention. «Dès que l'intervention policière est terminée, les policiers ont quatre heures pour envoyer la photocopie du dossier à notre organisme. Les intervenantes rappellent la victime dans un délai de deux heures. C'est important de comprendre que, quand il arrive un événement de violence, on doit désamorcer la crise rapidement », dit Mme Bernatchez.
«Lors de nos échanges avec les victimes, on essaie surtout de créer un lien avec elle et de l'informer de nos différents services offerts pour l'aider à s'en sortir. Le tout est fait sans jugement et dans le respect», conclut Mme Bernatchez.