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L'ex-Agathois Éric Bédard est accusé d'importation de drogue aux États-Unis 0

Éric Thibault/Agence QMI
COURTOISIE Eric B dard, un Montr alais de 36 ans atteint d'un lourd handicap physique l'ayant amen    subir une cinquantaine d'interventions chirurgicales, est vis  par une demande d'extradition des  tats-Unis o  on veut le juger pour complot d'importation de drogue.

COURTOISIE Eric B dard, un Montr alais de 36 ans atteint d'un lourd handicap physique l'ayant amen subir une cinquantaine d'interventions chirurgicales, est vis par une demande d'extradition des tats-Unis o on veut le juger pour complot d'importation de drogue.

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«Je ne suis peut-être pas un ange, mais on est loin de Pablo Escobar... »

En entrevue à l'Agence QMI de sa cellule d'une prison de la grande région de Montréal, l'ex-Agathois Éric Bédard ironisait en évoquant le nom du célèbre caïd colombien de la drogue, la semaine dernière.

Parmi les Québécois que la justice américaine tente présentement de faire sortir du Canada, le cas de ce Montréalais de 36 ans a de quoi surprendre. Des documents judiciaires signés par le procureur de la poursuite Christopher Romano, de l'État du Maryland, le décrivent comme un ingénieux importateur de drogue «relié aux Hells Angels» qui s'est lui-même rendu aux États-Unis pour y livrer d'importantes quantités d'ecstasy.

Pourtant, Éric Bédard mesure à peine 115 centimètres (45 pouces), pèse 25 kilos (55 livres) et ne peut se déplacer qu'avec son fauteuil roulant électrique.

Éric Bédard, bien connu chez nous pour son implication dans le Téléthon des Étoiles, est né avec une maladie très rare, la dysplasie fibreuse et osseuse. Il a subi pas moins de 52 interventions chirurgicales majeures, dont plusieurs pour des fractures, puisque son ossature est anormalement fragile. On lui a notamment reconstruit la colonne vertébrale et pratiqué des greffes osseuses.

Selon des preuves d'écoute électronique et de filature policière, ce handicap ne l'aurait pas empêché d'aller à New York, en octobre 2008, pour offrir à un délateur de lui expédier 45 kilos de marijuana «par semaine», ainsi que des centaines de milliers de comprimés d'ecstasy, «dissimulés dans des camions transportant de la tourbe».

En décembre 2008, l'ex-étudiant du HEC aurait orchestré deux envois totalisant 210 000 comprimés d'ecstasy et 50kg de cannabis qui ont été saisis par la police à Frederick, au Maryland.

Cet administrateur d'une compagnie de prêts est maintenant passible d'une lourde peine de 20 ans de pénitencier, si sa culpabilité est établie aux États-Unis.

«Il leur manquait quelqu'un à prendre là-dedans et des délateurs espèrent réduire leurs sentences en m'identifiant comme le leader du réseau. Un non-sens», a-t-il dit.

Cavale coûteuse

Le ministre canadien de la Justice, Rob Nicholson, a autorisé son extradition en décembre 2010. L'avocat de Bédard, Me Alexandre Bergevin, a porté la cause devant la Cour d'appel, estimant que son cas est «exceptionnel» et que la décision d'Ottawa constituait l'équivalent d'une condamnation à mort». Son client a pu demeurer en liberté provisoire en attendant que l'affaire soit entendue.

Mais le présumé trafiquant été arrêté pour conduite en état d'ébriété, le 28 août 2011, près de Joliette. Ce soir-là, au volant de sa minifourgonnette adaptée, il a provoqué un accident et un adolescent à bord de l'autre véhicule a été sérieusement blessé. Le taux d'alcoolémie de Bédard dépassait le double de la limite permise.

Relâché par la SQ en attendant de comparaître, il a disparu dans la nature.

Il était toujours en cavale le 27 janvier dernier, alors qu'il avait rendez-vous devant trois juges de la Cour d'appel dans son dossier d'extradition. La Cour a rejeté sa requête sans même en entendre les arguments, en raison de l'absence du fugitif.

Regrets

Le 10 février, Éric Bédard a finalement été appréhendé alors qu'il se terrait dans un logement qu'un autre handicapé lui avait loué, à Saint-Eustache.

«J'ai eu peur, a-t-il fait valoir pour expliquer sa fuite. Si je vais là-bas, je ne reviendrai pas. Est-ce que je regrette? Oui, c'est sûr. Je suis désolé, surtout pour le p'tit gars que j'ai blessé. C'est des années de regrets.»

Éric Bédard a chargé son avocat de demander l'intervention du plus haut tribunal au pays pour contester son extradition. Me Alexandre Bergevin a jusqu'à la fin mars pour saisir la Cour suprême du dossier.