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Dialysé, Richard Fugère sauve son frère d'une leucémie 0

Par Nathalie Vigneault

Richard Fugère a commencé les traitements de dialyse il y a près de quatre ans, mais ça ne l'a pas empêché de donner des cellules souches pour sauver son frère Ghislain.Photo CDM par Élaine Nicol

Richard Fugère a commencé les traitements de dialyse il y a près de quatre ans, mais ça ne l'a pas empêché de donner des cellules souches pour sauver son frère Ghislain.Photo CDM par Élaine Nicol

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Ghislain Fugère doit la vie à son frère Richard de Sainte-Anne-des-Plaines qui était le seul membre de la famille à pouvoir lui donner les cellules souches compatibles pour lui permettre de surmonter une grave leucémie.

Richard Fugère est en dialyse trois fois par semaine pendant quatre heures à l'hôpital régional de Saint-Jérôme, et ce, depuis presque quatre ans. «Mes reins se sont mis à mal fonctionner à cause du diabète. La médication n'a pas réglé le problème et je me suis retrouvé en pré-dialyse pendant un an et demi avant d'être en dialyse complète. À ce moment, mes reins fonctionnaient à 10 % seulement », explique-t-il.

Un an après le début des traitements de Richard, son frère Ghislain recevait son diagnostic de leucémie. «Ils ont testé les membres de la famille parce que les chances de trouver sont meilleures, soit une chance sur quatre. J'ai été surpris d'apprendre que parmi les quatre frères, j'étais le seul compatible!», dit l'homme qui vient de souffler 61 bougies.

Procédure délicate

«Il a fallu que les médecins et les spécialistes fassent consensus avant de donner leur accord pour que je puisse donner des cellules souches en raison de mon état de santé. On m'a dit que ça ne s'était jamais vu de la part d'un dialysé», signale M. Fugère.

Selon ce qu'on lui a expliqué, le problème n'était pas tant qu'il soit en dialyse, mais plutôt qu'il ait un cœur fragile. «Comme je suis cardiaque, il fallait s'assurer que mon cœur supporte le traitement, dont les injections qui visaient à concentrer les cellules souches dans mon sang, des injections qui ont duré cinq jours à raison de trois fois par jour», dit M. Fugère. Le prélèvement sanguin automatique des cellules s'est par la suite très bien déroulé.

Sauvé in extremis

Pour sa part, Ghislain avait quelques mois devant lui avant qu'on ne lui transplante les cellules souches de son frère. «Quand on m'a annoncé que j'avais cette leucémie fulgurante le 19 février, il me restait peut-être 12 à 18 mois. Mais la situation s'est dégradée rapidement et plus ça avançait, moins on me donnait de temps», indique-t-il.

Le don de son frère devenait encore plus critique puisque sans cette compatibilité, on devait se tourner vers le marché des donneurs internationaux et dès ce moment, le délai s'allonge encore plus. Malgré qu'il soit maintenant invalide et qu'il ait des problèmes de jambes et de mobilité, Ghislain Fugère remercie le ciel de l'avoir maintenu en vie.

Son frère Richard, de son côté, ne se fait pas non plus d'illusions quant à sa santé. « C'était une bagatelle pour moi d'être connecté à une machine pendant 10 heures afin qu'on recueille mes cellules. La dialyse est beaucoup plus exigeante. Je sais aussi que je ne pourrai pas recevoir de rein, compte tenu de mon état de santé. Je me console en me disant qu'au moins, j'ai sauvé la vie de mon frère. C'est très valorisant pour moi », termine-t-il.