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Semaine de la canne blanche

« On n’est jamais préparé à ça » 0

Par Nathalie Vigneault

<p>Pour un non-voyant comme Robert Clermont, se déplacer requiert plusieurs adaptations.

Photo CDM Claude Cormier/L'Écho du Nord-Le Mirabel

Pour un non-voyant comme Robert Clermont, se déplacer requiert plusieurs adaptations.

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Alors qu’il ne voyait qu’à 10 % à la naissance, Robert Clermont a perdu la vue progressivement à partir de 18 ans jusqu’à l’âge de 55 ans, à cause d’une maladie dégénérative de l’œil.

« Je savais que ça pouvait m’arriver de perdre complètement la vue, mais on n’est jamais préparé à ça », affirme d’emblée M. Clermont, administrateur au Regroupement des handicapés visuels des Laurentides.

Celui qui a déjà connu le travail dans la construction, conduit une voiturette de golf et un tracteur et fait du vélo, a dû vivre plusieurs deuils dans sa vie, dont celui du travail.

« Heureusement, aujourd’hui il y a l’informatique. Cela nous a ouvert énormément de portes en emploi. C’est maintenant mieux adapté : les planches informatiques pour lire en braille, les appareils de synthèse vocale. Il est aujourd’hui possible de lire les journaux sur Internet, explique M. Clermont. Des emplois mieux payés et moins stéréotypés (accordeur de piano), nous sont maintenant accessible.»

Perte d’autonomie

Selon Robert Clermont, la plus grande difficulté que vivent les non-voyants, c’est le manque de moyens de transport. « Le transport, c’est l’autonomie, la liberté. C’est sans doute le plus gros deuil à faire. Oui, le plus grand choc, c’est quand ton médecin te dis : tu vas remettre ton permis de conduire », dit-il.

Les non-voyants doivent donc se tourner vers le transport adapté. « Ça s’est amélioré beaucoup au fil des ans, mais il y a encore place à l’amélioration », souligne M. Clermont.

En effet, ce service comporte certaines limites, comme par exemple la planification des déplacements 24 heures à l’avance, les derniers passages à 18 h dans certains secteurs et l’impossibilité de faire des escales. « On se tanne à la longue de toujours demander à d’autres. Ce n’est pas une vie », dit M. Clermont.

Le vieillissement de la population pourrait toutefois donner un second souffle au transport adapté. C’est du moins ce qu’espère M. Clermont. « Il y a environ 1800 non-voyants dans la région, mais la population est vieillissante et en perte d’autonomie. La clientèle non voyante pourrait bénéficier des besoins grandissants en transport ».

De l’aide et du soutien

La directrice Denise Brazeau et Robert Clermont ont pris en charge l’organisme Regroupement des personnes handicapées visuelles des Laurentides à la suite du décès de son fondateur Michel Martin en 1997.

L’organisme offre des services d’accès à l’information adaptés et la défense des droits des personnes non voyantes. Des cours sont aussi offerts comme le yoga et bientôt, le djembe (tam-tam) en plus des activités sociales.

« Je trouve difficile de ne pas voir changer les gens »

La réalité des non-voyants échappe à la plupart des gens et est parsemée de petites différences parfois étonnantes.

Pour un non-voyant, se déplacer requiert une écoute attentive de ce qui se passe autour. « Ma canne blanche, c’est mon œil, c’est ma sécurité et aussi une façon de m’identifier », dit M. Clermont, qui ne se départit jamais de cet outil.

De plus, le bruit des pas, les voix, les échos, sont autant de façon de s’orienter. « Par exemple, lorsque je marche dans un corridor, je peux percevoir les bruits différemment une fois arrivé à un carrefour », explique M. Clermont.

Ça va bien quand on connaît l’endroit, mais dans un secteur inconnu c’est une autre paire de manches. « Il faut d’abord demander qu’on nous explique la configuration des lieux. On s’imagine une forme dans notre tête, comme une lettre par exemple. Ça c’est notre plan. Ensuite, on mémorise des repères physiques pour s’y retrouver. »

Dans les organismes comme Le Bouclier, on offre aux non-voyants des cours d’orientation en mobilité à l’aide d’une canne et parfois d’un chien-guide « On y apprend aussi les tâches de la vie quotidienne comme cuisiner sans se brûler, coudre, utiliser nos appareils d’usage courant, etc. », explique M. Clermont.

La technologie

Il existe aussi certains appareils pour faciliter la vie des non-voyants et surtout, améliorer leur autonomie. Par exemple, M. Clermont, parle d’un petit crayon qui permet de scanner les codes à barres disposés sur les objets et qui traduit vocalement l’information. « Si je cherche une boîte de pois verts, mon crayon va me l’indiquer grâce au code à barres correspondant », explique M.Clermont.

Toutefois, d’autres nouvelles technologies très populaires sont totalement inaccessibles. C’est le cas des nouveaux appareils à écrans entièrement tactiles comme les iPad et iPod.

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