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Manganèse dans l'eau potable : les municipalités touchées agissent 0

Par Nathalie Vigneault

L'eau potable souterraine de certaines municipalités de la région comporte une concentration notable de manganèse, un métal qui est maintenant à l'étude par les instances de santé nationales.

Nathalie Vigneault

L'eau potable souterraine de certaines municipalités de la région comporte une concentration notable de manganèse, un métal qui est maintenant à l'étude par les instances de santé nationales.

Des systèmes de filtration permettant de retirer le manganèse dans l'eau potable souterraine seront mis en place dans les municipalités concernées.

Suite à une récente étude portant sur les effets du manganèse sur le cerveau des enfants, la santé publique se penche présentement sur le dossier. Les municipalités de la région n'attendront pas l'imposition d'une norme pour agir puisqu'il existe une limite de goût et d'odeur de l'ordre 0.05 mg/L au-delà de laquelle l'eau peut aussi tacher la lessive notamment. C'est une norme dont Santé Canada fait mention sur son site Internet, mais concerne les effets sur la tuyauterie et le goût uniquement.

Ce problème esthétique du manganèse dans l'eau est bien connu à Brébeuf, où l'on puise l'eau souterraine depuis 2006. En effet, le manganèse produit une sorte de précipité noir au contact de l'air, qui peut tacher les vêtements et la vaisselle. Actuellement, la municipalité traite l'eau avec des séquestrants qui « emprisonne » le manganèse l'empêchant de réagir, mais ça ne l'enlève pas de l'eau.

Avec une concentration de 0.3 mg/L qui fluctue avec le temps, la municipalité de Brébeuf évalue maintenant d'autres avenues de traitement possibles avec la firme Laforest Novo Aqua. « Le conseil va se positionner rapidement sur une des solutions possibles. Dès lors, tout le processus de consultation, de financement, d'appel d'offre vont se mettre en place. La population sera consultée lorsque le choix sera arrêté », a déclaré le maire Ronald Provost.

Municipalités subventionnées

À La Conception et à Nominingue, c'est le filtre catalytique au sable vert qui a été retenu comme solution à ce problème. « C'est ce que le MAMROT a approuvé, lui qui a droit de regard sur le projet puisqu'il paie une partie de ce nouveau système d'eau potable », a indiqué Robert Charette directeur général à Nominingue.

À La Conception, c'est aussi cette technique que l'on mettra en place à la fin mars sur le nouveau système d'eau potable, une usine desservie par deux puits artésiens, situés à une profondeur d'environ 50 mètres. Selon les dernières analyses, la concentration de manganèse est de 0.220 mg/L. « Comme la norme est de 0.05 mg/L, notre firme d'ingénieur nous recommande le traitement du manganèse avec un filtre catalytique au sable vert », indique Rock Gervais, directeur de l'urbanisme. Le coût de ce système de filtration au sable vert est de 225 000$ et est compris dans le coût total du projet de 2 M $, financé à 50% par le Programme Infrastructure Québec Municipal (PIQM).

À la municipalité d'Huberdeau, où on puise l'eau souterraine depuis un peu plus de deux ans, on a indiqué que les concentrations de manganèse sont faibles. Pour cette raison, l'eau n'est pas traitée pour le manganèse, a indiqué Guylaine Maurice, directrice générale. Selon les données fournies par la municipalité, la concentration était de 0.053mg/L en janvier 2009, est redescendue à des valeurs autour de 0.02 mg/L deux semaines plus tard, puis s'est maintenue depuis.

Le manganèse est à l'étude

Une récente étude effectuée par les professeures Maryse Bouchard et Donna Mergler a démontré des effets importants du manganèse sur le cerveau des enfants. Les instances de santé publique du Québec étudient présentement le dossier.

Selon cette récente étude, réalisée en association avec l'Hôpital Sainte-Justine et le Centre de recherche interdisciplinaire sur la biologie, la santé et l'environnement (CINBIOSE) de l'UQAM, une concentration de 0.2 mg /L de manganèse dans l'eau consommée engendrerait une baisse significative du QI des enfants entre 6 et 13 ans.

Le dossier du manganèse est récent et pour cette raison, il n'existe pas de norme légiférée sur la santé, selon Dr Michel Savard de l'Agence de santé publique section Laurentides. « Dans une perspective de prudence, une limite de 0.3 à 0.5mg/L de manganèse est émise pour les femmes enceintes et les nourrissons », indique Dr Savard en soulignant qu'il ne s'agit pas d'une norme officielle.

Problème méconnu

Selon le Ministère de la Santé et des Services sociaux, « une évaluation préliminaire récente réalisée par Santé Canada indique qu'une concentration de l'ordre de 0,5 mg/L de manganèse dans l'eau potable serait sécuritaire pour l'ensemble de la population ». On stipule que Santé Canada révisera dans les prochains mois l'exposition de la population au manganèse, ainsi que les données disponibles à ce jour concernant les effets sur la santé de ce composé.

Le 16 février, le journal Accès Laurentides publiait un article sur un cas de manganèse dans l'eau à la ville de Prévost. On y mentionnait que le conseil municipal étudie les possibilités de traitement de son eau puisque la concentration de manganèse se situe entre 0.1 et 0.2 mg/ L.