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Une majorité de députés en faveur de la 30 au nord 0

Normand Laberge

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DELSON - Le Parti québécois et l'Action démocratique du Québec s'unissent pour demander au gouvernement de Jean Charest de revoir sa position sur l'autoroute 30 au sud.

Une motion a été déposée à l'Assemblée nationale par les députés péquistes Camil Bouchard et Serge Deslières pour décrier "l'illogisme" des libéraux qui persistent à parachever l'autoroute 30 dans les terres agricoles.

Cette motion déposée par le PQ et appuyée par l'ADQ n'est pas une surprise puisque ce n'est pas d'hier que ces deux partis politiques sont en faveur du tracé nord. Il y a quelques mois, la députée adéquiste de La Prairie, Monique Roy-Verville, a fait une sortie en règle en affirmant qu'il n'était pas trop tard pour revoir le tracé. De son côté, le candidat du Parti québécois défait dans La Prairie, François Rebello, n'a jamais nié être en accord avec le tracé nord, allant même jusqu'à contredire son chef de l'époque, André Boisclair, qui avait déclaré quelques mois plus tôt que, pour lui, le dossier était clos.

En déposant cette motion, les deux partis ont tenté de débattre de la question avec le gouvernement, mais ce dernier a refusé de le faire. Au moment d'aller sous presse, jeudi, l'opposition cherchait une autre façon de convaincre les libéraux d'ouvrir le dossier.

"Nous avons travaillé en étroite collaboration avec le comité de la 30 sur la 132 et, aujourd'hui, ces efforts se concrétisent par un geste concret de notre aile parlementaire", a souligné M. Rebello.

Le parti de Pauline Marois est d'avis que les structures qui sont actuellement en construction, à la hauteur de l'autoroute 15 notamment, pourraient être utilisées pour relier les parcs industriels de Delson et Candiac dans l'optique d'un retour au projet sur la route 132.

"Il ne reste que cinq kilomètres à compléter sur le tracé nord, a pour sa part noté M. Deslières. Après quatre ans de gestion libérale, tout ce que nous avons, c'est un viaduc qui donne dans la cour à bois de la compagnie Goodfellow. Aucun des 13 kilomètres n'a encore été amorcé sur le tracé sud."

Le député de Beauharnois ajoute que les négociations avec la cimenterie Lafarge n'aboutissent pas, les expropriations des terres agricoles ne sont pas complétées et la communauté Mohawk s'oppose toujours à la construction d'un échangeur aux limites de son territoire.

Pour sa part, M. Bouchard a de nouveau dénoncé la décision des libéraux de vouloir saccager 600 hectares de terres agricoles, en plus de repousser un projet qui, pour chaque journée de retard à livrer l'autoroute, contribue à l'augmentation d'émissions de CO2.

"Les embouteillages sur la route 132 y contribuent, de même que ceux provoqués ailleurs sur le réseau routier de la grande région métropolitaine devant l'absence d'une véritable route de contournement pour le trafic lourd."

Le président de l'Association péquiste dans La Prairie, Pierre Langlois, va pour sa part plus loin en affirmant que le gouvernement de Jean Charest erre avec le tracé sud.

"Non seulement la population se range majoritairement pour le choix du tracé nord, l'instance démocratique suprême au Québec demande lui aussi au gouvernement de revoir sa position, a-t-il noté. Reste maintenant à savoir si le gouvernement libéral aura l'audace de passer outre la voix de l'Assemblée nationale."