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Transporteur paramédical: un maillon du système de santé 0

Par Patrick Turgeon

Sylvain Potvin est transporteur paramédical depuis près de dix ans à Sorel-Tracy.

Patrick Turgeon

Sylvain Potvin est transporteur paramédical depuis près de dix ans à Sorel-Tracy.

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Depuis dix ans, le Sorelois Sylvain Potvin ne fait pas un métier très populaire et encore moins très connu au Québec: il est transporteur paramédical pour la firme J.P. Gendron. À bord de sa camionnette blanche, il parcourt 150 000 kilomètres chaque année sur les routes de la région pour transporter 650 personnes, pour la plupart des gens âgés et malades, qui doivent se rendre dans des centres hospitaliers de la Rive-Sud ou de la grande région de Montréal pour des rendez-vous médicaux. Un service réclamé par une Contrecoeuroise, la semaine dernière, dans notre page Opinion, et dont maintes personnes n'ayant pas les capacités pour conduire dans la grande ville, ignorent encore l'existence.

Son métier se situe entre celui de paramédic et du transport adapté, a-t-il soutenu, lorsque rencontré par le Journal, vendredi. «Je ne suis pas un chauffeur de taxi, ni un paramédic, loin de là. Mon métier se rapproche toutefois un peu plus du transport adapté, mais avec une plus grande gamme de services. Notre clientèle est aussi plus variée. Nous comblons en fait le vide pour les personnes qui ne peuvent prendre, en raison de leur état de santé, un taxi pour faire le trajet entre Sorel-Tracy et la Rive-Sud et/ou Montréal, mais qui ne nécessitent pas un transport par ambulance. Nous transportons des patients dont l'état est stable mais qui doivent recevoir une présence constante lors de leurs déplacements. C'est pourquoi les patients sont accompagnés d'une infirmière lors des transports.»

À l'intérieur de son véhicule, on y retrouve des fauteuils pouvant presque coucher le patient, deux sièges munis de ceinture de sécurité et des bancs pour les accompagnateurs. Le véhicule est également équipé d'oxygène portatif fixe, d'un moniteur cardiaque, d'un thermomètre électronique, d'un appareil à pression électronique, d'une pompe à succion, de deux coffres de premiers soins et d'un système électrique pouvant fournir 110 volts. Quant au conducteur, il a suivi des formations en RCR et en secourisme d'urgence afin d'assurer la pleine sécurité à ses «clients». «Nous ne sommes pas que des transporteurs de patients. Nous connaissons les lieux où nous les amenons, nous les accompagnons jusqu'au département dans l'hôpital et discutons avec eux tout au long du trajet

Des journées bien chargées

Rien de mieux que de vivre une journée sur le terrain pour bien comprendre le travail effectué au quotidien par M. Potvin. Le Journal a accepté son invitation vendredi matin. Le jour n'est pas encore levé que déjà M. Potvin, un ex-garagiste de la région, est déjà assis derrière le volant de son véhicule en direction de l'Hôtel-Dieu de Sorel où il doit se rendre chercher un patient. Six heures 20 minutes, il est à l'entrée de l'urgence, amène une chaise roulante et monte à l'étage pour aller chercher le patient. À son arrivée, il est assis dans une salle, attendant le retour d'une infirmière, celle qui l'accompagnera pour son intervention à l'hôpital Pierre-Boucher à Longueuil. Là voilà. Tout le monde est prêt!

On redescend au rez-de-chaussée de l'hôpital. Une fois à l'extérieur, M. Potvin place son patient dans son fauteuil avant de reprendre la route. Il doit se rendre à Pierre-Boucher pour se faire installer une fistule nécessaire lors de l'hémodialyse. À plusieurs reprises au cours du trajet, M. Potvin fait la conversation avec l'infirmière et le patient. «Conduire a toujours été une drogue pour moi. Le côté humain de mon travail m'offre la chance de discuter avec eux, de leur remonter le moral alors que ces gens traversent une période difficile. Je ne suis pas qu'un transporteur, je suis un accompagnateur. Mon rôle peut parfois être difficile lorsque je dois amener un patient en phase terminale à Myosotis, par exemple, mais je suis le plus humain possible qu'on puisse l'être en pareil cas», a-t-il dit.

Rendu à l'hôpital longueuillois, M. Potvin installe de nouveau le patient dans son fauteuil gériatrique, le conduit au département indiqué puis s'assure que l'infirmière le rappellera lorsqu'elle sera prête à revenir à Sorel-Tracy avec le patient. Entre-temps, il effectuera d'autres transports entre l'hôpital de Legardeur et certains autres centres de santé. «C'est un métier qui n'existait pas il y a quelques années, mais les besoins envers les personnes âgées ont fait en sorte qu'on a senti la nécessité de la créer. C'est un métier passionnant car tu rencontres des patients, des infirmières, des médecins et des spécialistes du monde de la santé. Nous faisons en quelque sorte partie de la grande famille de la santé.»