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En direct du Palais de justice de Longueuil 0

Jos Morabito, propos recueillis par Diane Lapointe

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À compter de cette semaine, vous pourrez lire dans Le Courrier du Sud une nouvelle chronique, En direct du Palais de justice, portant sur les grands procès criminels tenus à Longueuil.

Jos Morabito, un retraité des postes, est un passionné de la justice et des causes criminelles. Depuis plus de 11 ans, il se promène de salle d'audience en salle d'audience où il observe les procès. Connu du milieu, Jos Morabito se joint à l'équipe de journalistes du Courrier du Sud pour vous faire découvrir une autre facette de l'actualité longueuilloise.

Cet observateur judiciaire a été, soulignons-le, protagoniste dans le documentaire Les Justes de Karina Goma et Stéphane Thibault. Ce film de l'ONF expose cette passion du Longueuillois pour le crime et le châtiment.

Rage au volant : un procès très médiatisé

Le procès qui a retenu le plus l'attention au cours des trois dernières semaines est celui de Jorge Gustavo Mazzara, ce résident de l'arr. de Saint-Hubert accusé du meurtre au second degré du jeune Simon Lafrance à la suite d'un excès de rage au volant. Voici d'ailleurs le fil des événements.

Mazzara accusé de meurtre (24 novembre)

Près de cinq ans après le crime, le procès pour meurtre de Jorge Gustavo Mazzara s'est ouvert le 24 novembre au Palais de justice de Longueuil, devant un jury composé de 12 personnes, six femmes et six hommes.

Selon l'enquête préliminaire, c'est un cas de rage au volant survenu le 19 décembre 2003 dans l'arr. de Saint-Hubert qui a entraîné la mort de Simon Lafrance, 21 ans. Après un incident sur la route, Mazzara et un compagnon, Jean-François Fontaine, auraient poursuivi la victime pour l'intercepter à sa sortie d'un restaurant McDonald's. L'accusé lui aurait alors asséné plusieurs coups de bâton derrière la tête.

Les policiers de Longueuil ont arrêté le suspect 14 mois après l'événement fatal.

Près de 250 personnes se sont présentées ce matin-là au Palais de justice en vue de la sélection du jury.

L'enquêteur témoigne (26 novembre)

Après avoir entendu les témoignages de Martin Roy et du déneigeur Éric Huberdeau, qui ont fait la macabre découverte, c'était au tour de l'enquêteur de la police de Longueuil, Éric Racicot, de témoigner.

Il a expliqué au jury comment les policiers de Longueuil en sont venus à accumuler suffisamment de preuves pour procéder à l'arrestation de Mazzara.

Soulignons qu'ils ont retrouvé sur les lieux du meurtre un bâton télescopique qui aurait servi à frapper à de nombreuses reprises le crâne de la victime.

Le témoin-clé, Jean-François Fontaine, qui accompagnait Mazzara ce soir-là, a livré son témoignage quelques jours plus tard.

Mazzara aurait avoué avoir eu une altercation. le soir du meurtre (27 novembre)

Le soir du meurtre de Simon Lafrance, Mazzara aurait avoué à un gardien de sécurité du restaurant McDonald's avoir eu une altercation dans le stationnement de l'établissement.

Appelé à témoigner, Michel Mathieu, gardien de sécurité du restaurant, a déposé en preuve à la Cour neuf cassettes vidéos tournées le 19 décembre 2003 à l'intérieur et à l'extérieur de l'établissement. Dans son témoignage, il a par ailleurs confirmé que la victime avait effectué une commande à l'auto tandis que Mazzara et l'ami qui l'accompagnait, Jean-François Fontaine, auraient passé un long moment à l'intérieur du restaurant.

Selon Johanne Carpentier, archiviste à l'Hôpital Notre-Dame, appelée également à la barre des témoins, Jean-François Fontaine, le témoin-clé dans cette affaire, se serait présenté à l'urgence de l'hôpital le soir du meurtre pour une blessure infligée à un bras.

La défense réclame l'acquittement (28 novembre)

Le procès a repris le 28 novembre par les plaidoiries des avocats de la défense et de la Couronne. L'avocate de Jorge Gustavo Mazzara, Me Johanne St-Gelais, s'est attaquée au témoignage du témoin-clé dans cette affaire, Jean-François Fontaine, et a tenté de disculper son client. Elle a conclu sa plaidoirie en demandant son acquittement.

Pour sa part, Me Joëlle St-Germain, procureure de la Couronne, a rappelé les témoignages de Mazzara et de Fontaine, et demandé lequel des deux hommes était le plus crédible.

Le jury réentend les témoignages (10 décembre)

Les 12 jurés ont commencé le 10 décembre à délibérer. Ils devront déterminer si Mazzara est coupable de meurtre au second degré, d'homicide involontaire ou s'il est non coupable du meurtre de Simon Lafrance.

Après deux semaines de procès et après avoir entendu la veille les directives de la juge France Charbonneau, de la Cour supérieure, les membres du jury ont demandé à réentendre les cassettes des témoignages du pathologiste, le Dr Sauvageau, de l'accusé, Jorge Gustavo Mazzara, et du témoin-clé, Jean-François Fontaine, afin d'en arriver à un verdict unanime. Au moment de mettre sous presse, le jury était toujours en délibérations.

Un policier de Longueuil accusé de trafic de drogue (9 décembre)

Un policier de l'agglomération de Longueuil, Marc Robert, soupçonné de trafic de drogue, a vu son procès reporté au 29 janvier prochain au Palais de justice de Montréal.

Après une enquête de six mois menée par les policiers de Montréal (SPVM), le policier de 47 ans a été arrêté le 22 février dernier à Boucherville en possession de stupéfiants dans le but d'en faire le commerce.

En service depuis plus de 16 ans, il a été immédiatement suspendu de ses fonctions, sans rémunération, pour la durée de l'enquête.

Ce n'est pas la première fois que ce policier a des démêlés. Peu avant 2000, il avait été suspendu sans salaire pendant deux ans pour avoir utilisé à des fins personnelles le Centre de renseignements policiers du Québec (CRPQ). Il obtenait des informations sur des danseuses en procédant à des vérifications de leur plaque d'immatriculation. Il sera défendu par Me Pierre Dupras.

Jeune femme poignardée à mort : son conjoint comparaît (10 décembre)

Roody Sainvil a comparu dans l'après-midi du 10 décembre relativement au meurtre de sa conjointe, Pascale Eustache, survenu la veille.

La jeune femme de 25 ans a été poignardée à mort dans son domicile de la rue Lawrence, dans l'arr. de Greenfield Park. C'est son conjoint d'origine haïtienne qui a alerté les policiers avant de tenter de s'enlever la vie en ingérant de l'eau de javel.

Il a reçu son congé de l'hôpital le 10 décembre afin de se présenter au Palais de justice, devant le juge Denis Bouchard. Il devra répondre à une accusation de meurtre au second degré. D'ici son procès, fixé au 9 janvier prochain, la Couronne a demandé qu'une évaluation psychiatrique soit faite par les médecins de l'Institut Pinel.