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Sorel-Tracy : Réjean Dauplaise raconte son élection et ses premiers jours à la mairie 0

Par Louise Grégoire-Racicot

Réjean Dauplaise

Jean-Pierre St-Martin

Réjean Dauplaise

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Dimanche soir, premier novembre, 23 heures, Réjean Dauplaise donnait une entrevue à Vox. Il était visiblement nerveux, tripotait le fil du micro et faisait ses premières déclarations en tant que nouveau maire de Sorel-Tracy.

Lundi matin, il faisait son train-train habituel. Mardi matin, il remontait à bord de l'autobus express qu'il conduit pour le compte du CIT. Et mercredi midi, il était assis au McDonald avec ses interlocuteurs hebdomadaires. «Comme à l'habitude», me confiait-il, lors d'une longue entrevue, vendredi. «Peut-être qu'à la longue, ça changera. Mais je ne pense pas. Ma base, elle est là. Je ne vais pas la lâcher. Je veux rester proche de mon monde. Ce qui signifie peut-être de changer certaines façons de faire de l'hôtel-de-ville.»

Se disant toujours surpris d'avoir gagné avec une telle majorité, il commente : «je peux dire que ce n'est pas l'argent qui m'a fait gagner cette élection mais bien le porte-à-porte et les rencontres partout que j'ai faites tout au long de ma campagne. »

Le peu de moyens dont il disposait - et qu'il a parcimonieusement dépensé en utilisant ses affiches de 2001, en logeant son comité à son chalet doté de deux lignes téléphoniques seulement - a toutefois été efficace dit-il. Comme les conseils et la présence assidue de sa femme Louise à ses côtés. «Peu m'importe que les gens disent que je suis gratte-cenne. Moi, j'ai toujours gagné de petits salaires et fais attention à mes dépenses. Et j'aurai la même attitude à la ville. Celui qui voudra me faire avaler un dépassement de coûts sur un projet autorisé à tel prix a besoin de se lever de bonne heure!»

Il n'y a qu'à la fin de sa campagne, «quand j'apprenais des choses étonnantes sur l'autre administration ou que de plus en plus de gens me téléphonaient pour me dire on t'appuie - ce dont je ne revenais pas - que j'ai décidé de faire un peu plus de publicité. Ce vote n'a pas été seulement été un vote de mécontentement car plusieurs ont voté pour moi!»

Tout au long de cette campagne, il a entendu sans cesse parler contre le marché et le projet de bibliothèque à l'église Notre-Dame. «Ça revenait tout le temps et les gens ne comprenaient pas que les choses en soient là.»

Une équipe qu'il connaît peu

Déjà vendredi, il occupait le bureau du maire sans toutefois l'avoir mis à sa main. Les murs étaient nus. Il y avait quelques piles de livres sur une tablette. Mais il n'avait pas eu le temps de faire le tour des tiroirs de ses meubles. Seule une vieille photo de Marcel Robert avec Alexis Plante trainait sur une allège de fenêtre. Ce qu'il trouvait cocasse.

Le nouveau conseil s'était déjà réuni dès le début de la semaine. «Je ne les connaissais pas tous, mais je veux tous les impliquer dans la gestion de la ville. Je leur ai demandé leurs priorités de quartier et les dossiers qui les intéressaient.» Visiblement chacun avait fait ses devoirs et rencontré privément le maire pour rapporter leurs réponses à ses questions. En fin de semaine, il devait déjà décider à quel comité il nommerait les uns et les autres. Une prérogative sans appel du maire. Comme il devait aussi assigner les places autour de la table du conseil. Une symbolique pour plusieurs conseillers. «Chose certaine, les élus ne sont pas là pour le prestige mais pour le service aux citoyens», tranche-t-il.

Des sages

A l'instar de son prédécesseur, il s'entourera de sages, dit-il. Pas de gens d'affaires comme l'avait fait Marcel Robert mais plutôt d'anciens élus comme Me Luc Poupart ou Marcel Gauthier, énumère-t-il. «Pas question de tenter de ramener Sorel-Tracy en arrière mais pour être certain de la solidité des décisions», précise-t-il aussitôt, sachant fort bien que ces choses se disent à voix basse. «C'est vrai que je verrai aux dépenses. Moi-même je roule dans une vieille Cadillac 1994 que je changerai bientôt. Mais je suis sérieux. Je veux bien faire et rassembler les gens. Je parlerai à tous les citoyens peu importe leur classe. Mais je dois m'entourer de tout mon monde, ceux en qui j'ai confiance. et qui connaissent les choses, lsent les chiffres. C'est incroyable le nombre de gens et d,anciens élus qui m'ont offert leur aide.»

Le maire a aussi rencontré ses proches collaborateurs. Et il dressé la liste des dossiers qu'il veut consulter avant de décider ce qu'il en adviendra. «Je veux aussi voir la liste des engagements déjà pris. Pour moi, il n'est pas question d'acheter l'épicerie en empruntant. Comme ce fut le cas pour le dernier camion à incendie qu'on louera pendant 5 ans avant de l'acheter et qui ne parait pas sur la dette.»

Des projets

Mais il a déjà en tête des projets à compléter comme ceux de l'extension du parc Regard sur le fleuve jusqu'à la marina. «Pas de rénovation au quai Richelieu où les gens recevront la poussière des Élévateurs quand il y aura chargement de bateaux. Je pense aussi au parc Maisouna à compléter.» Comme il questionne la localisation de la nouvelle caserne d'incendie et ressortira vraisemblablement des projets qui n'ont pas abouti avant 2000 comme la complétion de la 30, etc. «Chose certaine, quand quelqu'un demandera de l'aide financière à la ville, il devra arriver bien préparé, chiffres et bilans à l'appui, sans cela il n'aura pas un sou de nous.»

Et cela vaut tant pour les organismes que pour les promoteurs, dit-il. «Il faut mettre les choses au clair: je sais que je ne fais pas l'unanimité. Parce que j'ai une toute autre façon de fonctionner. Je ne suis pas un avant-gardiste. J'examinerai les dossiers les uns après les autres. Je ne suis pas non plus un homme de grands discours devant un public. Mais je suis fier de fonctionner comme cela. On ne fera peut être pas des choses à tout casser mais on avancera progressivement.»

Ainsi ce Sorelois de 65 ans, qui est né coin Augusta et Élizabeth, retraité de la Garde côtière depuis 14 ans, chauffeur d'autobus à temps partiel, reprend du service public comme élu. «Je serai un maire à plein temps qui veut être proche de ses citoyens et de ses employés. Tout un changement pour un gars qui part de rien. Et même si je ne suis pas un rêveur, j'ai des idées et on verra bien où tout cela nous mènera. J'ai confiance qu'on soit dans la bonne direction!»

Au moment d'aller sous presse, le conseil était assermenté. Il tiendra sa première assemblée lundi prochain. Son maire examinait vendredi la possibilité de reporter l'adoption du budget après les fêtes, histoire que tous les nouveaux -venus - ils sont 6 sur 9 - aient le temps d'en comprendre les composantes et leurs coûts. Chose certaine, il ne voyait pas encore s'il pouvait ou pas alléger le compte de taxes mais examine son étalement en plusieurs paiements.