Une dernière mission de combat pour nos soldats
Le capitaine Philippe Chagnon apporte le drapeau de Chambly en Afghanistan 0
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Le maire Denis Lavoie remet le drapeau de la ville au capitaine Philippe Chagnon. Le drapeau flottera à Kandahar jusqu'au retour du capitaine.
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Le 5 novembre le capitaine et Chamblyen Philippe Chagnon s'envolera pour l'Afghanistan. Il fera partie des derniers soldats canadiens déployés dans ce pays avec un mandat de combat. Il apportera dans ses bagages le drapeau de la ville de Chambly, qui flottera à Kandahar jusqu'au retour du capitaine à l'été 2011.
Philipe Chagnon a toujours voulu être militaire même si aucun de ses proches n'est dans le milieu. Il a toutefois choisi de ne pas s'enrôler dans l'armée régulière, car il n'avait pas envie d'être transféré et de voyager régulièrement.
Un concours de circonstances et un bon «timing», lui ont permis de s'enrôler dans la réserve. «Tout s'est placé, je poursuivais mes études en droit et je suivais mon entraînement l'été. Je dois avouer que faire mon barreau et m'entraîner en même temps était assez exigeant», indique le capitaine qui est rattaché au Régiment de Maisonneuve à Montréal.
En tant que réserviste, il a choisi volontairement de participer à la mission en Afghanistan. «Je suis officier d'infanterie, mais lors de la mission je vais faire partie du détachement de l'opération psychologique. C'est une opération d'information, un moyen non létal de faire la guerre. Nous allons travailler sur trois axes. Influencer les alliés pour qu'ils continuent d'être nos alliés, influencer les personnes neutres pour qu'elles adoptent notre position et influencer les forces ennemies pour détruire leur cohésion et leur moral pour qu'elles soient moins efficaces», explique le capitaine. Il rappelle que les insurgés font une excellente campagne de propagande et qu'ils doivent donc rétablir les faits. L'équipe va aussi travailler en parlant des points positifs et des réussites plutôt que des points négatifs.
Philippe a appris les rudiments du pashtou, l'une des langues utilisées en Afghanistan. Il en a aussi appris plus sur la culture afghane. «C'est un pays musulman qui est très conservateur. Il y a plusieurs erreurs à ne pas faire. Par exemple, si on parle avec des hommes et qu'on leur demande des nouvelles de leurs enfants, ils vont parler uniquement de leurs fils. Si on pose des questions sur les filles, ça peut les insulter.»
Si Philippe a été déployé en Haïti après le séisme de janvier 2010, le militaire en lui souhaitait vivre «l'expérience ultime» d'un déploiement complet. «Mon ami a trouvé une bonne analogie: un militaire sans campagne c'est comme un avocat sans procès.»
Philippe est confiant puisque la situation est plus stable en Afghanistan que dans les débuts. Il a conscience de laisser beaucoup de responsabilités à sa conjointe. «Ce sera difficile de ne pas voir mes enfants grandir, mais je vais pouvoir leur parler par webcam et pendant mon congé en milieu de mission c'est certain que je reviens les voir! »
Julie, sa conjointe, n'est pas surprise du choix de Philippe. «C'est un processus qu'il a commencé depuis un bon bout de temps. Ça faisait longtemps qu'il en parlait et je savais qu'il prendrait la décision d'être déployé. J'essaie de voir le côté positif. Il va revenir avec une belle expérience. En attendant, je vais me concentrer sur les enfants et leur parler beaucoup de leur père», indique la jeune femme en pointant les deux bonhommes de 2 ans et 6 mois. Julie compte bien aussi profiter du groupe de soutien aux familles dont un membre est déployé. Elle pourra ainsi échanger avec d'autres personnes qui vivent la même situation qu'elle.
La mère de Philippe, Francine, croit que s'il n'avait pas choisi de vivre l'expérience du déploiement maintenant il l'aurait vécue plus tard. «C'est difficile en tant que parent, on veut protéger son enfant et s'assurer qu'il ne lui arrive rien. C'est une expérience qu'il voulait vivre et il va en profiter.»
Le drapeau des armoiries de la ville de Chambly a été remis au capitaine Chagnon le 27 octobre lors d'une cérémonie spéciale à la mairie en présence de sa famille et des diverses associations de vétérans de la région. «Je ne m'attendais pas à ce que la ville me reçoive comme ça pour me remettre le drapeau!», conclut le militaire.