Gaz de schiste
Verchères refuse qu'on utilise son eau 0
La municipalité de Verchères refuse que l'on utilise son eau pour l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste.
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Le conseil municipal de Verchères a récemment adopté deux résolutions concernant l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste. La première décrète que la municipalité n'autorisera pas l'usage de son eau potable, ni le prélèvement d'eau sur son territoire, tant les eaux de surface que souterraines, à ces fins. «L'eau potable coûte cher à produire et les opérations de forage peuvent en utiliser de grandes quantités. Pour l'instant, aucune compensation n'est prévue pour l'utilisation de l'eau par les entreprises qui cherchent à exploiter les gaz de schiste. Si elles veulent notre eau, il va falloir qu'elles nous paient», lance Alexandre Bélisle, maire de Verchères.
Le conseil municipal craint une contamination par les produits chimiques utilisés par ces entreprises si elles puisent à même le fleuve Saint-Laurent ou les ruisseaux. «Elles ne prendront pas la ressource tant qu'on ne connaîtra pas la composition des produits qu'elles utilisent. Il y a un mystère autour de ces produits chimiques. On ne veut rien nous dire. Nous avons posé la question à André Caillé, président de l'Association pétrolière et gazière du Québec. Il nous a livré une présentation digne d'une 5e année primaire. Ce n'était pas clair et c'était limité dans le temps», s'insurge M. Bélisle, qui incite les villes environnantes à imiter Verchères pour obtenir un plus grand impact.
La deuxième résolution souligne que la municipalité n'acceptera pas l'eau d'après-forage à son usine de traitement des eaux usées, qui, selon Alexandre Bélisle, ne possède pas les installations nécessaires au traitement des produits chimiques, d'autant plus que la composition de ceux-ci est inconnue. Ces deux résolutions s'inspirent de décisions similaires prises par le conseil municipal de Saint-Marc-sur-Richelieu. Pour l'instant, aucune exploration n'a été réalisée à Verchères, mais des puits sont projetés dans des municipalités environnantes comme Calixa-Lavallée.
«À cause de la Loi sur les mines, ces entreprises n'ont aucune permission à demander. Elles peuvent entrer sur les terres agricoles comme ça, sans explication, sans réponse claire. Ça ne nous plaît pas. Nous faisons donc ce que nous pouvons au niveau municipal», conclut le maire.