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Saint-Bruno

Une cabane à sucre en pleine ville 0

Par Pierre-Alexandre Maltais, Journal de Montréal

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Yvan Gauthier adore le sirop d'érable. Plutôt que de se rendre dans une cabane à sucre comme tout le monde, il récolte lui-même, depuis cinq ans, la sève des érables de son terrain et la transforme dans sa propre cabane, en plein cœur de Saint-Bruno.

L'expérience commence en 2007, alors que M. Gauthier entaille ses premiers arbres. «Au début, on avait une vingtaine de chaudières accrochées sur une quinzaine d'arbres du terrain», mentionne l'acériculteur amateur. Pour être sûr de bien s'y prendre, M. Gauthier, qui est directeur général de la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe, préfère suivre une formation de 8 heures dispensée par une école de la commission scolaire afin de bien entailler ses érables. «C'est le seul apprentissage que j'aie fait. Le reste, je l'ai appris par essais et erreurs», précise-t-il.

De fil en aiguille, c'est une véritable cabane à sucre «maison» qui a vu le jour sur son terrain de la rue Place Seigneuriale. Aujourd'hui, il récolte la sève à la main à partir d'une centaine d'entailles sur des arbres dispersés non seulement sur son terrain, mais aussi chez ceux de ses trois voisins immédiats.

La production annuelle de son érablière s'élève à environ cinq gallons de sirop d'érable. Grâce aux essais et erreurs, il parvient aussi à produire de la tire, du sucre et du beurre d'érable.

Pour la famille et les amis

Au départ, M. Gauthier faisait bouillir l'eau dans une bouilloire à épis de maïs. Voulant pousser l'aventure plus loin, il a érigé une petite cabane spécifiquement pour la production de son nectar. La cabane comporte un système d'acheminement de l'eau d'érable directement à une bouilloire faite sur mesure. Un réfrigérateur maison, composé de deux citernes ensevelies sous la neige, est également en place derrière la cabane.

Pour M. Gauthier, ce projet est devenu un véritable passe-temps dont il fait profiter sa famille et ses amis. «On ne vend pas notre sirop. On fait ça surtout pour le plaisir de voir les enfants et les amis en manger au printemps», mentionne le père de cinq enfants.