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Des étudiants prêts à parler 0

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Cher monsieur Pelletier, à la suite de votre lettre publiée le 24 mars dernier disant que les étudiants en grève sont des enfants gâtés, nous voudrions réorienter votre réflexion en vous expliquant notre point de vue sur les différents points que vous avez apportés.

Vous dites que nous ne sommes pas capable de se faire un budget pour payer la hausse. Vous dites que nous gaspillons de l'argent dans nos cellulaires et des voyages. Pourtant, le gouvernement n'est pas capable non plus de se faire un budget adéquat. Si nous manquons à ce point d'argent, pourquoi le premier ministre se permet-il de payer des mots clés sur «google» et des publicités à la radio? En effet, la ministre de l'Éducation, Mme Beauchamp, a acheté les droits de certains termes («grève étudiante», «manifestation étudiante», «FEUQ», «FECQ» et «ASSÉ») pour que les recherches Internet des étudiants se dirigent vers le site du gouvernement. Une dépense de 50 000 $. De plus, ces derniers temps, certaines annonces à la radio nous parlent du budget Bachand et de la hausse des frais de scolarité. Cette dépense est de 200 000 $. Voulez-vous me dire pourquoi un gouvernement en manque d'argent se permet-il de telles dépenses? Vous nous direz peut-être, M. Pelletier, que la hausse ne paiera pas seulement le gouvernement, mais également les universités. Pourtant, les universités également ne gèrent pas mieux leur argent. En plus des recteurs qui quittent avec des bonis faramineux, nous pourrions vous citer l'îlot voyageur de l'UQAM (une dépense de plus de 226 000 000 $) ou encore les combats de publicités entre les universités. Cette dernière dépense n'est pas complètement inutile, mais les étudiants n'ont pas besoin de voir des annonces à la télévision et des affiches pour faire leur choix. En fait, nous ne «braillons» pas sur notre sort, comme vous le dites M. Pelletier, nous nous indignons contre une mauvaise gestion de l'argent et une hausse mal investie.

Nous vous entendons déjà dire: «D'accord, le gouvernement ne sait pas gérer un budget, mais reste que les étudiants non plus». Nous rétorquerons alors que les trois personnes écrivant cette lettre en ce moment gèrent un budget pour leurs études. Vous me répondrez alors: «Mais ce n'est pas tout le monde qui se fait un budget.» Et nous de rajouter: «Ce n'est pas tout le monde qui gaspille son argent et qui n'a pas les "valeurs à la bonne place"».

Étant donné que la hausse ne va pas entièrement dans le financement de l'éducation (33 % y allant, le reste étant utilisé pour la publicité et la recherche universitaire), il existe d'autres solutions pour aider les universités. Par exemple, nous pourrions augmenter le nombre de paliers d'impositions. Ainsi, le surplus créé pourrait être envoyé aux écoles. Cette manière permettrait une façon plus juste et équitable de payer étant proportionnel aux salaires des gens. De plus, nous serions personnellement prêts à payer une hausse. À la condition qu'elle soit moins draconnienne, qu'elle aille totalement dans l'éducation et que les universités retravaillent la gestion de leur budget.

En terminant, nous voudrions vous spécifier qu'une bonne partie de nos professeurs est également contre la hausse. Nous ne sommes pas seuls dans ce combat!

Éric-Olivier Bossé

Christian Girard

Pierre-Marc Tremblay Grandbois

Belœil