Marche pour contrer l’intimidation
Tous unis avec Jérémy 0
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Photo: André Corbeij
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SAINTE-ANGÈLE-DE-MONNOIR – Ce dimanche 6 mai, plusieurs centaines de personnes ont répondu au cri du coeur lancé par le petit Jérémy Allard, 8 ans, victime d’intimidation à son école parce qu’il fait du patin artistique.
Jasmin Roy a tenu sa promesse d’être présent à sa marche pour lui apporter son soutien. La Fondation Jasmin Roy s’est donné pour mission de combattre l’intimidation sous toutes ses formes. Une autre surprise de taille attendait Jérémy avec la présence de l’ancien hockeyeur Georges Laraque, lui aussi touché par le témoignage de Jérémy.
Georges Laraque a évoqué l’intimidation dont il a lui-même a été victime. Il a rappelé que la mobilisation pour une marche était une excellente façon de s’exprimer. Il a aussi mentionné que les parents avaient un rôle à jouer dans l’éducation de leurs enfants.
«Il faut inculquer aux enfants une ouverture d’esprit; les éduquer de façon adéquate pour que cesse l’intimidation. Cela n’a pas de sens qu’en 2012, un enfant de 8 ans doive subir de l’intimidation. À travers son sport, je suis convaincu que Jérémy va continuer à poursuivre son rêve. Il nous démontre aujourd’hui par sa force de caractère qu’il est un exemple à suivre. Il y a bien des adultes qui n’ont pas autant de force que lui. Jérémy est un héros et c’est vraiment magnifique de le voir.»
L’émotion était palpable quelques minutes avant le grand départ de la marche. Josée Desrochers, la maman de Jérémy nous a rappelé les épisodes sombres vécus par son fils. Elle a remercié Jasmin Roy, pour sa présence et son soutien. Un soutien qui a permis à Jérémy de sortir de l’ombre.
Cette dernière, qui a eu bien du mal à contenir ses larmes, a rappelé qu’au-delà des gestes physiques que subit Jérémy, il reste les mots, ces remarques qui se répètent comme une litanie sans fin.
«Jérémy a bien souvent songé à abandonner son sport mais il ne l’a jamais fait. Au-delà de la violence physique, il reste les mots qui font le plus mal. Les mots que l’on utilise à son égard, ceux-là, il n’a aucun moyen de défense pour s’en prémunir mis à part l’isolement qu’il vit depuis déjà trop longtemps. Suite au témoignage de Jérémy, j’ai appris que des enfants dans des écoles avaient commencé à dénoncer l’intimidation dont ils étaient victimes. Jérémy tu peux te dire que c’est mission accomplie!», a lancé Josée Desrochers, la voix étreinte par l’émotion.
Dans son cri du cœur Josée Desrochers a interpellé les parents les invitant à poser les bons gestes en inculquant à leurs enfants de bonnes valeurs.
«Les enfants d’aujourd’hui sont le reflet de leurs parents qui sont le miroir des enfants de demain. Aidons-nous à avoir de meilleures valeurs», a-t-elle poursuivi.
Jasmin Roy, qui était en larmes à la suite du témoignage de la maman de Jérémy a eu du mal à s’adresser au public. Pour Jasmin, Jérémy est un être d’exception, de force et de courage.
«Il y a un héros aujourd’hui à Sainte-Angèle-de-Monoir et c’est Jérémy. Le jour où il y aura des héros partout au Québec comme Jérémy, il n’y aura plus d’intimidation dans nos écoles. J’ai moi-même été victime d’intimidation. Je n’ai pas eu la chance que Jérémy possède. Je n’ai jamais eu autant de personnes que celles qui sont présentes ici pour me supporter. Aujourd’hui, vous êtes là pour lui. Je sais pertinemment qu’un jour, il va se rendre aux jeux Olympiques. Et on va tous être fiers de lui. Vous êtes maintenant porteur d’un message. Aller dans vos communautés dans vos écoles et faites que cesse l’intimidation. Elle est encore trop présente dans nos écoles. Nous perdons encore trop de jeunes élèves brillants. Certains ont des problèmes de santé mentale et souhaitent même mourir. Il faut mettre un terme à cela», a-t-il lancé.
Jérémy a conclu en remerciant les gens qui ont répondu à son invitation pour sa grande marche contre l’intimidation. Il a enjoint les enfants victimes comme lui à briser le silence.
«J’aimerais dire à tous les Jérémy de ce monde que vous n’êtes plus seuls. Ne restez pas silencieux. Je remercie Jasmin et son dévouement à la cause. Il m’a montré que je n’étais pas seul et qu’un jour cela va s’arrêter.»