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La catastrophe ferroviaire de Belœil sous un autre jour 0

Par Vincent Guilbault

La catastrophe au pont ferroviaire de Belœil survenue 29 juin 1864 a fait 99 morts.

Société d'histoire de Belœil-Mont-Saint-Hilaire

La catastrophe au pont ferroviaire de Belœil survenue 29 juin 1864 a fait 99 morts.

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Le 29 juin 1864, 99 personnes ont perdu la vie dans la catastrophe ferroviaire la plus meurtrière du Canada. La plupart des voyageurs du train, appartenant à la compagnie du Grand Tronc, étaient des immigrants européens voulant s’établir en bonne partie dans le Haut-Canada ou dans l’ouest du pays.

Parti de Pointe Lévis, en direction de Richmond, le train plongera finalement dans la rivière Richelieu, alors que le pont de Belœil est ouvert pour laisser passer un convoi de barges.

Composé de 11 chars, le train transportait plus de 458 passagers, dont certains entassés dans des wagons de marchandise transformé en wagon de voyageurs temporaire.

Nouveau regard

Robert Boyd, un résident de Saint-Basile-le-Grand, a fait parvenir à L’Œil Régional une copie d’un article de journal publié deux jours après le drame. Un article sur trois colonnes qui se «lit comme un roman», publié dans l’édition du 1er juillet de La Minerve, ancêtre de La Presse.

Les mots utilisés par le journaliste permettent de se replonger dans l’horreur de la catastrophe. «Les wagons broyés les uns par les autres, pour former une horrible masse de bois, de fer et de membres palpitants des infortunés qu’ils renfermaient.»

On parle du sang, des «corps mutilés [qui] formaient un tout épouvantable que la plume ne peut décrire».

On raconte comment l’un des chirurgiens a dû amputer la jambe d’une passagère, opération qu’elle a subie «sans pousser une plainte».

On retrouve beaucoup d’anecdotes qui avaient été oubliées avec le temps. L’histoire de cet enfant, retrouvé sain et sauf dans les bras de sa mère morte pendant l’écrasement. Ou encore l’aide apportée sur le lieu de l’accident par tous les voisins de la région. L’article parle des nombreux morts, pour la plupart des enfants.

Pour Robert Boyd, qui a retrouvé le texte, il est fascinant de voir sur la page couverture du journal de quatre pages que la compagnie du Grand Tronc, impliqué dans l’accident, avait une publicité dans l’édition du 1er juillet de La Minerve.

Le mécanicien à la tête du train est envoyé tout de suite en prison pour l’interrogatoire qui viendra. Le 12 juillet, un jury le reconnaît coupable de la catastrophe, jugeant sa connaissance de la voie ferrée déficiente et son expérience peu suffisante. Il est condamné à 10 ans de prison, mais il sera relâché avant la fin de sa peine.

 

Pour ceux qui voudraient lire la copie complète de l’article publié en 1864, et disponible sur le site Internet de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec, voici un lien. http://bit.ly/MsiF44.

Attention, certaines informations factuelles sont inexactes dans l’article, qui a été probablement le premier d’une série d’articles. Mais il permet de bien comprendre l’esprit qui régnait lors du drame.

 

 

 

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